Le Chambon sur Lignon

Le Chambon-sur-Lignon est une commune de la  Haute-Loire avec un passé !

Au cœur d’un vieux village huguenot dans la montagne, en face du temple, il y a une plaque posée en 1979 par des Juifs qui étaient naguère passés par là :

« ‘Le souvenir du juste restera pour toujours’ (Psaume 112).  Hommage à la communauté protestante de cette terre cévenole, et à tous ceux entraînés par son exemple, croyants de toutes confessions et non croyants, qui, pendant la guerre 1939-1945, faisant bloc contre les crimes nazis ont au péril de leur vie, sous l’Occupation, caché, protégé, sauvé par milliers tous les persécutés ».

Il y eut un peu partout en France des individus et des familles qui vinrent en aide aux Juifs.  Mais il y eut donc aussi tout un village, une bonne partie de tout un plateau : la région du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire).  « On était habitués », expliquait Mme Emma Héritier du hameau de La Fayolle (photos ci-contre, avec M.  Henri Héritier).

Pour le Dictionnaire des Justes de France de Yad Vashem, le mémorial israélien de la Shoah, la région du Chambon « occupe une place unique dans l’histoire de la France : nulle part ailleurs les Juifs ne furent accueillis et sauvés en aussi grand nombre et avec pareille générosité ».  Fait exceptionnel, c’est collectivement que la région du Chambon-sur-Lignon a été honorée par Yad Vashem, qui ne reconnaît généralement que des individus.  Dans toute l’Europe occupée, une seule autre commune (Nieuwlande, aux Pays-Bas) a également été honorée comme commune de Justes.

En effet, dans ce petit coin de France, paysans et villageois ne fermèrent la porte devant personne, ne trahirent personne, n’imposèrent aucune conversion.  Cinq mille Juifs, dont beaucoup d’enfants, auraient été accueillis, brièvement ou jusqu’à la fin.

Il existe donc ce symbole de ce qui était possible — pour des individus comme pour des communautés.

Extraits du Dictionnaire des Justes de France
établi pour Yad Vashem par Lucien Lazare (Librairie Arthème Fayard, 2003) :

 

« La commune du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire) et le plateau Vivarais-Lignon occupent une place exceptionnelle dans l’histoire du sauvetage des Juifs en France….Non seulement [la population de la commune] prodigua une aide immense aux Juifs, mais elle en fit une norme largement respectée….Par dizaines, des familles du Chambon et des communes du plateau ont donné abri qui à un ou plusieurs enfants, qui à une famille entière….L’insigne modestie et la discrétion naturelle des Chambonnais ont rendu particulièrement aléatoire la mise au jour des actes de sauvetage.  Un cinéaste juif établi en Californie, mais né au Chambon en 1944, Pierre Sauvage, a néanmoins recueilli des récits de sauveteurs de cette commune.  Il a réalisé un film documentaire, Les armes de l’esprit, qui reconstitue une partie de l’histoire du sauvetage de Juifs dans cette région.

Plusieurs centaines de Juifs sauvés par des Chambonnais et des habitants du plateau ont témoigné….Une stèle érigée sur le site du Mémorial Yad Vashem en hommage à la population du Chambon-sur-Lignon et du plateau Vivarais-Lignon porte l’inscription : « Ils sont tous des Justes ceux de ton peuple » (Isaïe, LX, 21).  La commission de Yad Vashem a cru devoir déroger à la loi qui n’autorise de décerner le titre de Juste qu’à des personnes nommément désignées, et l’a attribué dans ce cas unique à l’ensemble de la population (la seule autre dérogation concerne la commune néerlandaise de Nieuwlande).

Le Chambon et les communes avoisinantes du plateau Vivarais-Lignon devinrent un refuge unique en France pour les persécutés juifs. [Extrait du texte sur pasteur Edouard et Mildred Theis.]  Occupe une place unique dans l’histoire de la France : nulle part ailleurs les Juifs ne furent accueillis et sauvés en aussi grand nombre et avec pareille générosité. [Extrait du texte sur le pasteur Charles Guillon.] » 

Il faut noter que sous l’Occupation, le terme « plateau Vivarais-Lignon » était inconnu ; c’est une récente entité administrative dont se préoccupe une organisation intercommunale.  Pour la population alors, on parlait du Plateau tout court — ou de « la Montagne » (protestante).

De plus, si une partie de la population, tous les pasteurs, bien des hameaux, et certaines autres communes du Plateau — on peut citer tout particulièrement Le Mazet-Saint-Voy — participèrent activement à l’accueil des réfugiés, celui-ci ne fut cependant nullement uniforme sur le Plateau.  C’est légitimement que Le Chambon-sur-Lignon et « la région du Chambon-sur-Lignon » sont devenus le symbole incontournable de l’accueil collectif des Juifs (et des autres réfugiés) sous l’Occupation.

C’est donc un choix délibéré et symbolique qui fait du Collège Cévenol et du Chambon sur Lignon le lieu de notre premier stage en France complétant nos 13 années de stage au Royaume-Uni

 

 

 

Le Collège Cévenol

Le stage